mardi, 17 octobre 2017

Cinéma

hors-la-loiL’ABCM a proposé de voir le film Hors-la-loi  en groupe. Un RDV a été  pris  le dimanche 2 octobre à 15h devant la salle Le Rex. Une trentaine de personnes a répondu à l’appel,  dont tonton Laïd,  qui a participé aux événements évoqués par le film (notement la lutte entre le FLN et le MNA).

Un film réalisé par Rachid Bouchareb

Historique : Chassés de leur terre algérienne, trois frères et leur mère sont séparés. Messaoud s’engage en Indochine. A Paris, Abdelkader prend la tête du mouvement pour l’Indépendance de l’Algérie et Saïd fait fortune dans les bouges et les clubs de boxe de Pigalle. Leur destin, scellé autour de l’amour d’une mère, se mêlera inexorablement à celui d’une nation en lutte pour sa liberté… (2h 18min) Avec Roschdy Zem , Sami Bouajila , Jamel Debbouze , Bernard Blancan , Ahmed Benaissa

Réactions:

Des milliers de morts
«Quand trop de sécheresse brûle les coeurs, quand la faim tord trop d’entrailles, quand on rentre trop de larmes, quand on bâillonne trop de rêves. C’est comme quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher. A la fin, il suffit du bout de bois d’un esclave, pour faire, dans le ciel de Dieu et dans le coeur des hommes, le plus énorme incendie.»  Mouloud Mammeri.

« En mai 1945, dans cette atmosphère délétère où la chape de plomb paraissait durer mille ans, des Algériens ont cru que l’heure de l’indépendance avait sonné. Ce fut une répression innommable. Il est vrai que les Européens d’en bas avaient un statut de race supérieure. Un fil rouge séparait d’une façon invisible les deux communautés, ce sont les interdits de la société coloniale dont parle si bien Pierre Bourdieu dans son ouvrage Sociologie de l’Algérie. Le 8 mai 1945, jour de la signature de la capitulation allemande, dans la plupart des villes d’Algérie, des cortèges d’Algériens musulmans défilent avec des banderoles portant comme mot d’ordre: «A bas le fascisme et le colonialisme». À Sétif, la police tire sur les manifestants algériens. Ces derniers ripostent en s’attaquant aux policiers et aux Européens. C’est le début d’un soulèvement spontané à La Fayette, Chevreuil, Kherrata, Oued Marsa… On relève 103 tués, assassinés dans des conditions atroces, et 110 blessés parmi les Européens. Les autorités organisent une véritable guerre des représailles qui tourne au massacre. Fusillades, ratissages, exécutions sommaires parmi les populations civiles se poursuivent durant plusieurs semaines. Les nationalistes algériens avanceront le chiffre de 45.000 morts, d’autres sources françaises, récentes, avancent le chiffre de 15.000 à 20.000 morts. […]» Guy Pervillé citant Claude Liuzu, parle de plusieurs milliers de morts.
Il y eut plusieurs milliers de morts dont des centaines sans sépulture, nous avons même eu droit à des fours crématoires à Héliopolis (Guelma). Il faut lire le livre: Les massacres de Guelma un Journal personnel écrit par Marcel Reggui (professeur de lettres, français d’origine algérienne, converti au catholicisme) qui débarque à Guelma pour mener une enquête sur le meurtre de trois membres de sa famille (sa soeur et ses deux frères) en ce mai 1945 et qui y note tout ce qu’il découvre. »

Pr Chems Eddine CHITOUR